Ecrire un plaidoyer… pour défendre la langue française !

Écrivez un plaidoyer pour quelqu’un (vous-même ou une autre personne accusée) ou quelque chose (défendre une cause, une idée, etc…). ll s’agit d’un plaidoyer sous forme de discours à sens unique, donc pas de dialogue. Le but de cet exercice : l’art rhétorique comme art de la persuasion (argumenté) et art de l’éloquence (style soutenu).

 

Quel bel exercice oratoire et de rhétorique que le plaidoyer !

Mais quelle cause élire finalement, quand il y en a pléthore à défendre ?

Après réflexion je décide de faire ici un plaidoyer pour le plaidoyer. Quelle drôle d’idée me direz-vous ! Mais finalement il n’y a pas de liberté d’expression sans défendre en premier lieu notre langue et les mots.

Certains admirateurs nostalgiques du beau verbe discourent sur la langue de Molière quand d’autres plus ancrés dans notre époque conversent de francophonie. Je pourrais alors vous apostropher pour vous dire que nous sommes 300 millions de francophones à travers le monde, que l’Organisation Internationale de la Francophonie regroupe 80 états et gouvernements, que le français est la troisième langue des affaires dans le monde, la quatrième langue d’Internet, la cinquième langue la plus parlée sur la planète et la seule (avec l’anglais) à être présente sur les cinq continents ! Mais tout cela est ennuyeux.

Je pourrais alors vous faire constater avec regret qu’à l’heure de la mondialisation nous perdons l’usage de certains mots car le langage est définitivement universel et l’information circule à une vitesse hallucinante. Alors comment guerroyer un jargon d’entreprise, des slogans publicitaires, des termes spécifiques issus de la mercatique,   l’informatique, les médias, le sport, ou le commerce…. ? Préservons notre patrimoine lexical pour promouvoir notre langue et les valeurs qu’elle véhicule. D’ailleurs l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) a pour mission de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique, la paix, la démocratie et les droits de l’Homme, appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche, et déployer la coopération au service du développement durable. Mais tout ceci est très ennuyeux aussi.

Bon et les mots dans tout cela ? Il y a une forme de noblesse dans cet exercice du plaidoyer et du langage alors que les mots de la langue française bien chorégraphiés tous ensemble dans un texte dansent, sonnent et résonnent pour transmettre un message, une voix, V-O-I-X, une voie, V-O-I-E.

Observons-les tous autant qu’ils sont, fébriles et fragiles comme des fillettes en tutus de danse hésitantes à l’approche de leur tour pour exécuter un pas, un geste. Je les imagine bondissant du dictionnaire pour se placer en file indienne. Chacun doit trouver sa place dans la phrase, s’ajuster devant ce mot là ou cet autre ci car gare à Madame Syntaxe qui si elle n’est pas respectée discrédite Monsieur Sens. Les mots peuvent être honorés par la majuscule qui les fait grandir ou se faire remarquer par le gras ou l’italique, se sentir différents des autres polices, même si tous les mots sont égaux, enfin sauf au Scrabble. Les mots ont aussi des sentiments : la colère ou la joie face au point d’exclamation, la peur quand ils sont coincés entre parenthèses, l’Amour sans doute entre guillemets, en décalage face à l’alinéa, nostalgiques ou tristes peut-être avec des points de suspension. Et puis ils doivent s’accorder aussi comme l’exige Grammaire Majestée, au genre, au nombre, aux verbes et leurs temps et leurs modes. Ah oui et puis il y a aussi Sainte Orthographe. A l’heure de la polémique sur l’évolution de l’orthographe française, j’ai envie moi aussi de crier au scandale car c’est une ignominie de céder à la simplification moche et stupide quand il convient plutôt de palier les manques de nos enfants à l’école. Comme le disait un professeur récemment, « Est-ce qu’on supprime les dates de l’histoire de France sous prétexte que ce n’est pas facile à retenir ? Non. Il est plus simple, plutôt que de soigner le malade, de casser le thermomètre ». Où sont passées les dictées ?

Alors pas question de se taire, de dissimuler, de cacher, de masquer, ou de chuchoter, je veux HURLER que la liberté d’expression doit être un prérequis pour tous les peuples mais s’il vous plaît, défendons aussi la langue française.

Semaine de la francophonie

Organisation Internationale de la Francophonie

 

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